L’açaí brésilien conquiert le monde et devient une tendance mondiale. Je suis Arnaud et le nouveau rédacteur pour la partie internationale, économique et saveurs du monde pour Faut Qu’on En Parle et Magazine Var Actu.

Tout le monde connais, açai, une baie qui provient d’Amazonie. Les fruits amazoniens, dont 90 % de la production provient de l’État du Pará, voient leurs exportations exploser, notamment vers les États-Unis, l’Australie et le Japon.

Quand je suis arrivée en 2013 au Brésil et après mon déménagement au Brésil en Novembre2015, j’ai vu l’augmentation des ventes et surtout l’explosion des exportations. Mon Comptoir Brésilien Abaçai qui va chercher de l’açai directement dans une plantation qui pratique la reforestation en Amazonie et surtout il n’a pas de salarié qui va monter sur les palmiers pour récolter les baies mais un chariot élévateur. Chaque employé va avoir une mutuelle privée, la plantation finance une école pour les enfants des salariés. Si vous souhaitez acheter cet açai je clique achat d’açai au Comptoir de Toamasina.

En France, on voit de plus en plus de cafés qui vont vendre de l’açai bowl garni de fraises et de myrtilles. Mais ici, souvent c’est fait avec de la pulpe d’açai qui va contenir jusqu’à 88% d’eau voir 89% selon des chercheurs.  Il faut savoir qu’un açai bowl est l’équivalent d’un bon repas et que l’açai fait grossir. Mais vu que la pulpe à plus d’eau que de produit sec, oui, vous n’allez pas grossir mais vous n’allez pas avoir ses bienfaits.

À l’autre bout du monde, en Asie, de nombreux consommateurs sont surpris d’apprendre que ce fruit est un aliment quotidien dans le nord du Brésil. Dans le nord du Brésil, on mange l’açai sous forme de soupe, avec des crevettes, poissons et bien plus, mais pas sous forme de glace.

Le Brésil est le premier producteur mondial d’açaí, avec plus de 90 % de la récolte provenant du Pará, qui est également son principal marché de consommation. En 2022, cet État a exporté plus de 8 158 tonnes d’açaí, générant un chiffre d’affaires de 26,5 millions de dollars (133,8 millions de reais), selon les données officielles.

Les exportations de produits dérivés (pulpe, sorbets, glaces) ont connu une croissance exponentielle ces dernières années. Entre 2019 et 2022, les ventes à l’étranger ont augmenté de 132,5 %, tirées par la demande croissante en superaliments.

Si les principaux importateurs restent les États-Unis, le Japon, l’Australie et plusieurs pays européens, de nouveaux marchés émergent en Chine, en Inde et à Singapour, où le fruit violet devient un symbole de healthy lifestyle.

baie d'açai

Une success story brésilienne à l’international qui commence en Californie comme tout

Et si tout commence en Californie, Google, Facebook, Instagram etc, c’est ici que l’açai va commencer à avoir ses lettres de noblesses et va conquérir le monde.

Il faut savoir que c’est les brésiliens expatriés qui vont avoir la saude de l’açai et qui vont en consommer puis comme un effet boule de neige, la population locale et cela va permettre à l’açai de voyager à travers le monde.

Mais le revers de la médaille c’est que la population locale brésilienne et en Amazonie dont l’açai est dans la base de l’alimentation n’arrive plus à en consommer car les prix augmentent. Et vu que le Brésil n’a plus de prix national depuis une réforme de Temer et tout mettre en dollar, la population brésilienne souffre.

C’est pour cela que l’entreprise Le Comptoir de Toamasina en France avec son Comptoir Brésilien Abaçai, n’a pas souhaité travailler avec certaines usines et des cueilleurs.

Quand j’ai été personnellement en Amazonie, j’ai vu que les cueilleurs des rives de l’Amazone vont être payé au lance pierre, j’ai été choqué de voir dans un reportage de TF1 un entrepreneur dire maintenant ils peuvent se payer un frigo, mais ne montre pas qu’il monte sur les palmiers au péril de leur vie, qu’il a de plus en plus ce chute, ensuite qu’il n’a pas d’hélicoptère pour venir les chercher ni de route.

En plus, les cueilleurs pour augmenter les revenus vont planter des açai au bord de l’Amazone et surtout modifier l’éco-système, car ils vont retirer certaines épices natives.

C’est pour cela qu’il est préférable d’acheter de l’açai qui provient de projet de reforestation avec des personnes salariés qui vont recevoir un bon salaire chaque mois, un FGTS, une assurance santé etc etc. Car la loi brésilienne est très protectrice avec les salariés. Car, dans une plantation pour monter sur un palmier il faut des équipements, on ne fait pas cela sans protection. Maintenant il a des chariots élévateurs, voir des manches télescopiques.

Une étude du Tribunal du Travail parle de la dangerosité de la récolte d’açai :

L’étude « Le récolteur d’açaí – Diagnostic des conditions de travail des extractivistes d’açaí », financée par le Tribunal Régional du Travail de la 8e Région (TRT8) dans le cadre du Programme Travail Sécurisé, avait pour objectif de recueillir des données inédites sur les conditions de travail des récolteurs. Les recherches ont été menées entre mars 2015 et mai 2016 dans la région du Rio Canaticu, à Curralinho (Marajó, Pará).

Conduite par l’Institut Peabiru, une ONG active en Amazonie, l’étude révèle que cette activité, bien que traditionnellement familiale, est devenue une chaîne de valeur mondialisée, similaire à une commodité à haut risque. Les conditions de travail sont extrêmement précaires, surtout pendant la récolte, où les travailleurs peuvent grimper plus d’un million de fois par jour dans les palmiers.

Le rapport souligne également l’invisibilité des risques pour le consommateur final, ce qui permet aux acteurs clés de la filière (industries, grossistes, détaillants) de ne pas assumer leur responsabilité en matière de sécurité.

Il est dommage que les entreprises en France, ne parle pas des problèmes de sécurités et que le reportage de Tf1 ne parle pas de cela.

Principaux risques professionnels identifiés :

  • Piqûres d’abeilles, guêpes et autres insectes venimeux.
  • Chutes de couteaux ou d’outils depuis les arbres.
  • Blessures aux yeux causées par les branches.
  • Fractures et entorses dues aux chutes.
  • Coupures et déchirures musculaires liées à l’effort physique intense.

89 % des travailleurs interrogés déclarent qu’un membre de leur famille ou un partenaire a déjà subi un accident, nécessitant une hospitalisation dans 54 % des cas.

Solutions proposées :

  • Renforcer la réglementation pour imposer des normes de sécurité minimales.
  • Sensibiliser les communautés via des campagnes d’éducation.
  • Développer des équipements de protection adaptés (harnais, gants, etc.).
  • Impliquer les institutions financières et gouvernementales pour soutenir des pratiques plus sûres.

Le TRT8 a organisé en 2016 un événement intitulé « Travail Sécurisé et Agrobusiness en Amazonie » pour discuter de ces enjeux. En 2017, dans le cadre de la campagne Abril Verde (mois de la sécurité au travail), le tribunal a poursuivi ses actions pour alerter l’opinion publique et mobiliser les partenaires institutionnels.

Source : https://www.trt8.jus.br/noticias/2017/quanto-de-acidente-tem-no-seu-acai

D’une petite usine dans un conteneur à une entreprise internationale

Beaucoup d’entreprise qui vont ouvrir des boutiques au Brésil, se tourne vers l’exportation. Le premier pays importateur est sont les USA, puis les pays Asiatique, l’Europe et Dubai. Oui Dubai.

Un « superaliment » aux multiples usages

Initialement exploité pour son cœur de palmier, l’açaí a gagné en popularité grâce à ses propriétés nutritionnelles (riche en antioxydants, oméga-6 et oméga-9). Depuis les années 1990, sa production, autrefois basée sur l’extractivisme, s’est industrialisée, avec des plantations en zones inondables et en terre ferme.

La récolte s’étend d’août à décembre, avec un pic en septembre-octobre. Outre son usage alimentaire (smoothies, bowls, desserts), l’açaí entre dans la composition de cosmétiques (crèmes hydratantes, shampoings), et ses noyaux sont recyclés en artisanat.

Il faut savoir que la récolte d’hiver de l’açai est meilleur que la récolte d’été, selon Le Comptoir de Toamasina, car le noyau est plus petit, en été le noyau va faire 90% de la baie.

Un modèle de bioéconomie… mais pas sans risques

L’engouement mondial pour l’açaí a stimulé l’économie locale, offrant des revenus sans déforestation massive. Cependant, il ne représente encore qu’une fraction des exportations du Pará, dominées par le minerai de fer, le soja et la viande bovine.

Mais la « açaízação » – la monoculture intensive – inquiète les scientifiques.  Naturellement, on trouve 50 à 100 pieds d’açaí par hectare. Au-delà de 200, on perd 60 % de la biodiversité. C’est pour cela que l’açai est idéal pour effectué une reforestation de l’Amazonie et quand le palmier est haut, vous pouvez planter des espèces natifs autour et que la forêt reprenne vie. Car l’açai s’adapte au climat aride type Cerrado, car quand on coupe la forêt amazonienne on va avoir un climat de type Cerrado, le sol est très acide en Amazonie et difficile de faire reprendre une végétation native.

Cette réduction affecte aussi les pollinisateurs (abeilles, guêpes), essentiels à la productivité. Les sécheresses prolongées, aggravées par le changement climatique, menacent également les récoltes.

La solution passe par une gestion durable, comme le programme Manejaí, qui forme les producteurs à préserver la biodiversité tout en optimisant leur production.

Ainsi, tout en conquérant le monde, l’açaí doit relever le défi d’une croissance responsable, conciliant rentabilité et préservation de l’écosystème amazonien.